mercredi 4 janvier 2012

Terra Nova

Ce week-end nous avons bouclé la première saison de Terra Nova.


Pitch: en 2149, la terre se meurt de surexploitation, l'air est devenu irrespirable. Sur une planète surpeuplée, certains sont sélectionnés pour faire partie de "pèlerinages" dont le but est de coloniser... le passé. En effet, les scientifiques sont parvenus à établir une faille temporelle permettant d'envoyer des hommes et du matériel vers le Crétacé (l'époque des dinosaures).
La série se concentre sur le destin de la famille Shannon: Jim, le père ex-flic, Elizabeth, la mère médecin, les ados Josh et Maddy et la petite dernière Zoe.

La série en elle-même est moyenne: certes la magie des dinosaures opère toujours, mais faute de budget ils sont assez vite relégués dans les seconds rôles, car les effets spéciaux coûtent toujours cher. Pour compenser, le scénario se concentre sur une intrigue de complot visant à déstabiliser la colonie pour la faire passer sous la domination de méchants capitalistes qui ne pensent qu'à exploiter les ressources de ce nouveau monde.

On se retrouve donc le cul entre trois ou quatre chaises, avec d'un côté l'aspect familial "Sept à la Maison" avec les problèmes d'autorité parentale et les permissions de sortie après 20h, de l'autre le côté "Avatar" (bouh les méchants capitalistes), le tout saupoudré d'un peu de Mad Max et de Jurassic Park.

Ajoutez à cela certains passages vraiment "too much" et un discours famille/patrie totalement premier degré, et vous obtiendrez un blockbuster télévisuel un peu pataud et maladroit.


Mais c'est cette maladresse qui m'a finalement touché.

En effet si l'on se concentre sur le fond idéologique véhiculé par la série, l'analogie avec le mythe fondateur américain est saisissante: des familles parties pour un monde inconnu et hostile, le mythe de la deuxième chance, la force armée comme recours ultime et légitime... La liste des analogies est longue et s'étoffe d'épisode en épisode. Fait du hasard, je suis également en train de lire Tocqueville et son analyse de la société américaine de 1840, et il est vraiment singulier de constater à quelle point les systèmes de valeurs qu'il décrit peuvent se retrouver dans une série du XXIe siècle.

Je crois qu'il faut en retenir l'image d'une nation qui continue d'avoir une conscience aiguë de ses origines et du fait que sa fondation s'est faite sur une certaine idée de la vie en commun et non par le fait accompli d'un destin partagé. A ce titre Terra Nova entretien le mythe, le prolonge et le renouvelle, tentant de prouver par là même son universalité.

On passe donc un bon moment de divertissement, tout en apprenant de façon détournée à mieux connaître ce grand inconnu que sont les Etats Unis.

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